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Serge Moati, sau ce inseamna sa faci cu adevarat televiziune


Bogdan Ghiu

Duminică, 06/05/2007 - 22:01
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Le réalisateur a suivi les candidats jusqu'au 6 mai au soir
LE MONDE

L'image est symbolique. Sur la terrasse de sa propriété de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), Jean-Marie Le Pen ausculte Paris à l'aide d'une longue vue de pirate. Dans son viseur, le palais de l'Elysée, objet du désir des douze candidats en lice pour l'élection présidentielle de 2007. Le leader du Front National (FN) s'est volontiers prêté à ce "petit jeu". En ce mois de janvier 2007, il sait qu'il est l'homme à (a)battre après "le traumatisme" du 21 avril 2002 où il s'est qualifié au second tour au détriment de Lionel Jospin.

C'est à travers le prisme de cette longue vue, tenue par le président du FN, que le réalisateur Serge Moati a construit son documentaire La Prise de l'Elysée. Un film d'une durée de 1 h 40 qui raconte les longs mois de campagne des quatre principaux candidats (Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen) et dont les dernières images seront livrées lundi 7 mai en fin d'après-midi, quelques heures à peine avant sa diffusion, en y incluant le visage de l'heureux(se) élu(e) de dimanche soir.

LA "PERSPECTIVE" DE 2002

"On ne peut pas comprendre cette élection de 2007 sans la mettre en perspective avec celle de 2002", dit Serge Moati pour expliquer la mise en scène avec M. Le Pen, seul candidat à avoir accepté de se faire filmer par le réalisateur en dehors de ses apparitions publiques. Les autres ont délégué un de leurs lieutenants que Serge Moati suit au gré de leurs déplacements. On y découvre, entre autres, la verve et le franc-parler de Vincent Peillon, porte-parole de Mme Royal, mais aussi l'agressive assurance de Nadine Morano, députée UMP de Meurthe-et-Moselle, que Nicolas Sarkozy a d'ailleurs préféré envoyer au purgatoire après plusieurs maladresses.

Aux images des grands meetings, peu utilisées, le réalisateur a préféré celles du quotidien. Distribution de tracts, visite sur les marchés et dans les cafés où les lieutenants vont chercher les voix une à une. Avec sa petite caméra DV, Serge Moati filme "en creux". Tel le photographe Robert Doisneau qui pouvait attendre des heures pour immortaliser "trois secondes d'éternité", le réalisateur réussit à capter en son et en images de grands moments de vérité. Ainsi, la vulgarité de Marine Le Pen, un bras d'honneur de Roselyne Bachelot, les doutes de Claude Bartolone, député fabiusien de Seine-Saint-Denis, ou cette conversation, à voix basse, saisie entre Vincent Peillon et le député PS André Vallini, expliquant que "pour réussir en politique, il faut être capable de beaucoup s'emmerder".

"JE ME SUIS EMMERDÉ. UN PARADOXE."

"Moi-même, je me suis emmerdé au cours de cette campagne, confie M. Moati. Un paradoxe alors que j'ai senti une vraie passion pour cette élection de la part des Français."

Habitué à filmer avec enthousiasme et empathie toutes les grandes élections depuis vingt ans, le réalisateur semble, cette fois-ci, sur la réserve. "Mon regard s'est transformé, je suis plus observateur, reconnaît-il avec un brin de nostalgie. Mais je suis trop esthète pour être cynique. Je revendique seulement une neutralité bienveillante." Son commentaire en voix off est souvent ironique mais jamais moqueur.

Les cinq cents heures de rushes, montés "au cordeau", font de ce documentaire un feuilleton passionnant de la vie politique. Quel que soit le résultat de dimanche, celle-ci s'écrira désormais avec de nouveaux acteurs.

"La Prise de l'Elysée", lundi 7 mai à 20 h 40 sur France 3.

Daniel Psenny


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